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le débat du mois
Débats à thèmes
ce mois-ci notre débat à l'espace rencontres avec nos membres adultes
Contrez la violence des enfants
Quelques explications
C'est connu : un milieu familial violent engendre souvent des enfants violents qui agissent par imitation. Mais d'ou vient la violence des enfants de familles dites normales? Il existe plusieurs explications.
La principale : la réaction de l'entourage face à un enfant au tempérament et au comportement difficile. «L'attitude des proches est importante pour les années qui viennent, souligne François Bowen. Si les parents ont du mal à composer avec un enfant difficile et à établir leur autorité, le risque de voir croître le problème d'agressivité et d'impulsivité augmente dangereusement.
Par contre, s'ils sont capables de le rassurer, d'intervenir adéquatement et avec constance, de créer un lien de confiance et d'attachement, de le responsabiliser, de lui apprendre à reconnaître ses émotions et à les maîtriser, ce risque diminue énormément. Peut-être que l'enfant se fâchera plus rapidement qu'un autre jeune, mais il n'utilisera pas la force pour arriver à ses fins.»
Quoique moins importante en bas âge, l'influence des pairs n'est pas négligeable non plus. Car les bambins au tempérament agressif sont parfois enclins à sélectionner leurs copains parmi les petits batailleurs.
De la maison à la garderie
Les premiers signes d'agressivité et de violence s'observent à la maison. Mais c'est généralement lorsque l'enfant est en relation avec des jeunes de son âge que le problème est le plus évident.
«C'est souvent à l'âge où l'enfant entre à la garderie que les parents réalisent vraiment le comportement agressif de leur petit, précise François Bowen. Les familles sont moins nombreuses et l'écart d'âge entre les enfants est parfois important, ce qui diminue les risques de conflit. À la garderie, l'enfant se retrouve avec plusieurs enfants de son âge, qui ont le même niveau de développement, les mêmes goûts, les mêmes intérêts et qui sont en compétition pour les mêmes choses. L'enfant à qui on n'a jamais imposé de limites à la maison expérimentera alors ses premières contraintes, ses premières frustrations, et vivra ses premiers conflits. On observe chez certains enfants, parfois très jeunes, une tendance à mordre, à pousser les autres et à les agresser.»
Si les parents n'interviennent pas, la situation risque d'empirer au moment de l'entrée à l'école. Les enfants pourraient alors développer de nouvelles stratégies pour contrer les règlements scolaires contre la violence physique : agressivité verbale, médisance, menaces, intimidation. Autre constatation: bien que la violence soit davantage une affaire de gars, les filles sont de plus en plus agressives et violentes. «Elles sont moins nombreuses que les garçons et leur niveau d'agressivité est plus bas, souligne François Bowen. Mais il y a indéniablement une tendance à la hausse. Les filles qui ont recours à l'intimidation et à la violence physique et verbale pour résoudre les conflits sont plus nombreuses qu'autrefois. Pourquoi? Nous n'avons pas d'explications à ce phénomène, seulement des hypothèses. Les médias véhiculent une image de la femme plus active, moins soumise, moins victime. Certaines filles s'identifieraient à des héroïnes de cinéma qui adoptent des comportements agressifs ou violents. Ce serait pour elles une façon de s'affirmer socialement. Et le mode d'éducation, moins restrictif, moins punitif et moins contraignant, touche autant les filles que les garçons.»
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